Les habitudes, deuxième partie

Publié le 22 Février 2013

Les habitudes, deuxième partie

Il y a quelques années, je suis partie en formation 3 jours avec une collègue sur le thème « Positions d’accouchement ». Depuis 4 ans, tous les ans, la maternité où je bosse envoie deux sages-femmes à cette formation. Il faut dire qu’elle est géniale! Cette formation va bien au-delà d’une simple énumération des positions possibles, elle nous apprend à aider les femmes à se réapproprier leur accouchement.

En France LA position utilisée pour accoucher est la position gynécologique. C’est-à-dire allongée sur les dos, les jambes coincées dans des étriers. Or cette position est peut-être supportable avec une péridurale. Mais elle ne l’est pas du tout sans. Le fait de pouvoir bouger comme on le souhaite soulage la douleur et favorise l’avancée du travail. Et puis même avec une péri, quand on passe 12h allongée sur le dos, bonjour les courbatures le lendemain…

Pendant cette formation donc, j’ai appris à utiliser les ballons, galettes, et autres coussins d’allaitement pour installer mes patientes confortablement, que ce soit dans leur chambre ou en salle de naissance, qu’elles veuillent ou non une péridurale. Et puis j’ai appris à faire des accouchements sur le côté, à 4 pattes, ou en position gynéco améliorée. L’idée n’est pas d’imposer aux femmes une nouvelle position d’accouchement, mais de les aider à accoucher dans la position qui leur semble la plus naturelle pour elles.

Mais voilà, encore une fois, les habitudes ont mis un frein à mon bel élan. J’ai fait partie des premières à être formées. Seulement quand je suis revenue, que j’ai commencé à faire pousser les dames sur le côté, ou à les mettre à 4 pattes avec un ballon sur la table d’accouchement… Tout le monde m’a un peu regardée de travers.

Par tout le monde, je veux dire… tout le monde:

- Les gynécos, qui s’inquiétaient de la manière dont nous pourrions procéder si jamais il fallait faire un forceps par exemple (bah… suffit de se remettre sur le dos!)

- Les anesthésistes, il me fallait leur accord pour les patientes sous péridurale avant de les faire bouger dans tous les sens. Quand on sait qu’il existe des péris « déambulatoires », avec lesquelles on peut marcher, on se rend vite compte que c’est un faux problème.

- Certaines collègues, simplement parce qu’elles n’en avaient pas l’habitude

- Certaines aides soignantes, parce qu’elles ne savaient plus comment installer la patiente, parce que je risquais de salir la table d‘accouchement…

- Moi! Parce qu’il m’a fallu réapprendre mes repères, modifier mes habitudes, et aussi parce que ça prend plus de temps, et que le temps, nous ne l’avons pas toujours (suppression de personnel, rentabilité oblige, vous aider à souffler ou à changer de position, ça n’amène pas d’argent à l’hôpital!)

- Et puis les patientes elles-mêmes…

C’est vrai « on » nous a tellement bien formatées, nous, les femmes, depuis tant d’années, à accoucher de la manière qui arrange « le docteur », que nous ne savons même plus écouter notre corps. Certes accoucher à l’hôpital a permis de diminuer la mortalité néonatale et maternelle, mais parfois au prix de notre liberté. On nous a appris à subir, à être presque spectatrice de nos accouchements! On nous a désappris à accoucher… Cette chose si naturelle qu’est la naissance, ce moment qui nous appartenait à nous les femmes, cette force que nous possédions, notre instinct, ce miracle de la vie… Nous avons laissé les médecins le médicaliser, le contrôler.

Le Professeur Malinas a donné une définition subtilement ironique de l’obstétrique: « L’obstétrique traditionnelle consiste à surveiller un phénomène physiologique en se tenant prêt à intervenir à tous les instants. L’obstétrique moderne consiste à perturber ledit phénomène de telle sorte que l’intervention devienne indispensable à l’heure exacte où le personnel est disponible. C’est beaucoup plus difficile. »

Quand un accouchement se passe bien, notre rôle à nous, l’équipe médicale, devrait juste être de surveiller, d’observer, de simplement vous accompagner… C’est possible, et même bénéfique, puisque c’est ce qui se passe dans nos pays voisins, avec un meilleur taux de mortalité périnatale que le nôtre. C’est à vous toutes de réapprendre à avoir confiance en vous, en votre capacité à accoucher et à devenir mère, et à nous, sages-femmes, de vous y aider, en changeant nos habitudes.

Rédigé par Miss Cigogne

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